En résumé :
- Plus d’une femme sur trois est touchée par la chute de cheveux au cours de sa vie.
- Perdre 50 à 100 cheveux/jour est normal. Au-delà, pendant plusieurs semaines, c’est un signal à prendre au sérieux.
- Les causes les plus fréquentes : fluctuations hormonales, carence en fer, stress et troubles thyroïdiens.
- Dans la majorité des cas, la chute est réversible si la cause est identifiée et traitée rapidement.
- Première étape recommandée : un bilan sanguin chez votre médecin traitant (ferritine, TSH, bilan hormonal).
Les causes hormonales : les plus fréquentes chez la femme
Les hormones sont le facteur n°1 de chute de cheveux chez la femme. Les œstrogènes prolongent naturellement la phase de croissance du cheveu. Quand leur taux chute brutalement, des milliers de cheveux basculent simultanément en phase de repos, puis tombent.
L’alopécie androgénétique
C’est la forme d’alopécie la plus répandue. Elle est liée à une sensibilité génétique des follicules pileux à la DHT (dihydrotestostérone), un dérivé de la testostérone.
Chez la femme, elle ne ressemble pas à la calvitie masculine. Elle se manifeste par :
- Un élargissement progressif de la raie médiane
- Un affinement diffus sur le sommet du crâne
- Les tempes et l’arrière de la tête restent généralement préservées
Que faire ? Consulter un dermatologue. Le traitement de référence est le minoxidil 2 % chez la femme, à réévaluer à 6 mois.
Les fluctuations hormonales : grossesse, post-partum, pilule
Pendant la grossesse, les œstrogènes sont à leur pic : les cheveux sont souvent plus denses et brillants. Après l’accouchement, la chute brutale des hormones déclenche un effluvium télogène post-partum, qui touche la majorité des femmes dans les 2 à 4 mois suivant l’accouchement.
Bon à savoir : La chute post-partum est un phénomène physiologique normal. Elle se résout spontanément dans la plupart des cas. Si elle persiste au-delà de 6 mois, consultez.
La pilule contraceptive peut aussi jouer un rôle : certaines pilules riches en progestatifs androgéniques favorisent la chute. L’arrêt de la pilule provoque également une chute réactionnelle 2 à 3 mois après.
Que faire ? Patience pour le post-partum. Pour la pilule, parlez-en à votre gynécologue avant tout changement.
La ménopause
La baisse des œstrogènes à la ménopause fragilise la fibre capillaire et peut provoquer une chute diffuse progressive. Une forme plus rare, l’alopécie frontale fibrosante, peut aussi apparaître après 50 ans.
Que faire ? Bilan hormonal, consultation dermatologique. Un suivi gynécologique est recommandé.
Les troubles thyroïdiens
L’hypothyroïdie comme l’hyperthyroïdie peuvent entraîner une perte de cheveux diffuse, avec des cheveux secs et fins. Les hormones thyroïdiennes influencent directement le cycle de croissance capillaire.
Que faire ? Un simple dosage de la TSH (prise de sang) permet de dépister un trouble thyroïdien. Le traitement de la cause stoppe la chute.
Le SOPK (syndrome des ovaires polykystiques)
Le SOPK provoque un excès d’androgènes en circulation, ce qui peut induire une alopécie de type androgénétique chez la femme, souvent accompagnée d’autres signes : règles irrégulières, acné, pilosité excessive.
Que faire ? Bilan hormonal complet. La prise en charge du SOPK améliore souvent la situation capillaire.
Les carences nutritionnelles
La carence en fer (ferritine basse) : cause n°1 nutritionnelle
C’est la carence la plus fréquente chez les femmes en âge de procréer, notamment en cas de règles abondantes. Le fer transporte l’oxygène vers les follicules pileux. Sans lui, les cheveux entrent prématurément en phase de chute.
La chute est diffuse : elle touche l’ensemble du cuir chevelu, la queue de cheval semble moins fournie, les cheveux tombent en plus grande quantité sous la douche ou sur l’oreiller.
Valeur à surveiller : Pour la santé capillaire, la ferritine devrait idéalement se situer au-dessus de 40-70 µg/L de sang, même sans anémie déclarée.
Que faire ? Demandez un dosage de la ferritine à votre médecin. En cas de carence confirmée, une supplémentation en fer sur plusieurs mois est généralement nécessaire.
Les carences en vitamines et minéraux
Les follicules pileux ont besoin de plusieurs nutriments pour fonctionner correctement :
- Vitamine D : son déficit est très fréquent et associé à la chute diffuse
- Vitamine B12 : essentielle à la division cellulaire des follicules
- Zinc : participe à la synthèse de la kératine
- Biotine (B8) : contribue à la structure du cheveu
Que faire ? Un bilan sanguin complet (ferritine, vitamine D, B12, zinc) permet d’identifier précisément les manques.
Les régimes restrictifs et la perte de poids rapide
Un régime draconien ou une perte de poids rapide prive les follicules pileux des nutriments dont ils ont besoin. Le corps, en mode survie, redirige ses ressources vers les organes vitaux. Résultat : un effluvium télogène 2 à 3 mois après le choc métabolique.
Que faire ? Rééquilibrer l’alimentation progressivement. La repousse suit naturellement une fois les apports normalisés.
Le stress et les chocs émotionnels
Un stress intense (deuil, burn-out, choc émotionnel, intervention chirurgicale lourde) peut déclencher un effluvium télogène : une chute diffuse et abondante sur l’ensemble du cuir chevelu.
Le mécanisme est le suivant : le corps, sous stress, met en pause les fonctions non vitales. La croissance capillaire en fait partie. Les follicules basculent massivement en phase de repos, et les cheveux tombent 2 à 4 mois après l’événement déclencheur.
Ce décalage dans le temps rend souvent le lien difficile à établir. Mais c’est une chute temporaire : les cheveux repoussent généralement dans les 3 à 6 mois après résolution du stress.
Attention : Si la chute persiste au-delà de 6 mois ou devient chronique, d’autres causes (carences, troubles hormonaux) doivent être recherchées.
Que faire ? Gestion du stress (yoga, méditation, accompagnement psychologique si besoin), patience, et vérification qu’aucune carence n’aggrave la situation.
Les causes médicales et médicamenteuses
Les médicaments
Certains traitements peuvent provoquer une chute de cheveux comme effet secondaire :
- Anticoagulants
- Antidépresseurs
- Bêta-bloquants (antihypertenseurs)
- Traitements contre l’acné (rétinoïdes)
- Chimiothérapie (chute souvent plus sévère, de type effluvium anagène)
Que faire ? Ne jamais arrêter un traitement seule. Signalez la chute à votre médecin, qui évaluera si un ajustement est possible.
Les maladies auto-immunes : pelade et lupus
La pelade se manifeste par des plaques rondes et lisses, sans cheveux, sur le cuir chevelu. C’est une maladie auto-immune où le système immunitaire attaque les follicules pileux.
Le lupus peut également provoquer une chute de cheveux, souvent accompagnée d’autres symptômes systémiques.
Que faire ? Consultation dermatologique urgente. Ces pathologies nécessitent un traitement spécifique.
Les infections du cuir chevelu
La teigne (infection fongique) ou une dermatite séborrhéique sévère peuvent provoquer une chute localisée avec inflammation, démangeaisons et parfois desquamation.
Que faire ? Traitement antifongique ou dermatologique selon le diagnostic.
Les causes mécaniques et habitudes capillaires
Certaines habitudes du quotidien fragilisent progressivement les follicules :
- Alopécie de traction : tresses serrées, chignons hauts, extensions tirantes exercent une pression constante sur les racines et peuvent provoquer une chute irréversible à long terme
- Chaleur excessive : lisseur, fer à friser, brushing répétés fragilisent la fibre capillaire
- Colorations et traitements chimiques : décolorations, défrisages répétés altèrent la structure du cheveu
Que faire ? Espacer les traitements thermiques et chimiques, privilégier des coiffures souples, laisser le cuir chevelu respirer.
Comment identifier ma cause ? Quand consulter ?
Tableau de diagnostic rapide
| Type de chute | Zone touchée | Cause probable | Spécialiste |
|---|---|---|---|
| Diffuse, progressive | Tout le cuir chevelu | Carence (fer, vitamines), thyroïde, stress | Médecin traitant |
| Raie qui s’élargit, sommet | Zone centrale | Alopécie androgénétique | Dermatologue |
| Par plaques rondes et lisses | Zones localisées | Pelade | Dermatologue (urgent) |
| Brutale, en touffes | Tout le cuir chevelu | Effluvium télogène (stress, post-partum) | Médecin traitant |
| Localisée avec inflammation | Zone précise | Teigne, dermatite | Dermatologue |
| Tempes et front | Zone frontale | Alopécie de traction, alopécie frontale fibrosante | Dermatologue |
Le bilan recommandé en première intention
Votre médecin traitant peut prescrire :
- Ferritine (réserves en fer)
- TSH (thyroïde)
- Bilan hormonal (œstrogènes, testostérone, DHEA, prolactine)
- Vitamine D, B12, zinc
- NFS (numération formule sanguine)
Quand consulter en urgence ?
Consultez rapidement si vous observez :
- Une chute brutale et massive en touffes
- Des plaques lisses et dégarnies
- Des démangeaisons ou douleurs persistantes du cuir chevelu
- Une absence de repousse après 6 mois
- Une chute associée à d’autres symptômes (fatigue intense, règles irrégulières, prise de poids)
FAQ – Questions fréquentes
Quelle est la cause principale de la chute de cheveux chez la femme ?
Les causes les plus fréquentes sont hormonales (post-partum, ménopause, SOPK, alopécie androgénétique) et nutritionnelles, notamment la carence en fer (ferritine basse). Un bilan sanguin permet d’identifier rapidement la cause.
Combien de cheveux perdre par jour est normal ?
Perdre entre 50 et 100 cheveux par jour est tout à fait normal. Au-delà de 100 cheveux quotidiens pendant plusieurs semaines consécutives, une consultation médicale est recommandée.
La chute de cheveux chez la femme est-elle réversible ?
Dans la majorité des cas, oui. Les chutes liées au stress, à une carence ou aux fluctuations hormonales (post-partum, pilule) sont souvent temporaires. L’alopécie androgénétique, en revanche, nécessite un traitement de fond pour être stabilisée.
Quel médecin consulter pour une chute de cheveux ?
Commencez par votre médecin traitant pour un bilan sanguin (ferritine, TSH, bilan hormonal). En l’absence de cause évidente ou si la chute persiste, il vous orientera vers un dermatologue spécialisé en capillologie.
La chute de cheveux liée au stress repousse-t-elle ?
Oui. L’effluvium télogène provoqué par le stress est temporaire. Les cheveux repoussent généralement dans les 3 à 6 mois suivant la résolution du facteur déclencheur, à condition qu’aucune autre cause ne soit associée.
Quel bilan sanguin demander en cas de chute de cheveux ?
Le bilan de base comprend : ferritine (réserves en fer), TSH (thyroïde), bilan hormonal (œstrogènes, testostérone, DHEA), vitamine D, vitamine B12 et zinc. Votre médecin traitant peut le prescrire en première intention.

